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Atelier Interview

Entre réparation et valorisation, les vélos anciens reprennent vie

Passionnée de mécanique, Laureline est la fondatrice de Vintage Queen Bike Repair, un atelier dédié à la réparation et à la valorisation des vélos anciens. Autodidacte, elle partage ses connaissances avec le plus grand nombre. Elle défend une approche durable du vélo, privilégiant la réparation et la préservation plutôt que l’achat systématique de neuf. Elle incarne l’évolution d’un métier encore peu féminisé, qu’elle contribue à rendre plus accessible et inspirant.

Laureline, peux-tu te présenter ?

Laureline. Hello l’équipe. Je suis mécanicienne et créatrice de contenu et j’essaie d’apprendre à un maximum d’adeptes du vélo à s’intéresser à leur bicyclette et à ne pas jeter les vélos vintage malgré ce qu’on peut leur dire. L’atelier s’appelle Vintage Queen Bike Repair et se trouve à Nice.

Comment est venue ton envie de créer Vintage Queen Bike Repair ?

Laureline. Je ne savais pas m’occuper de mon vélo et je n’avais aucune confiance dans les ateliers autour de moi. J’ai donc décidé d’apprendre et de pouvoir être autonome au maximum. Ensuite, j’ai eu envie d’aider celles et ceux qui étaient dans le même cas que moi.

Qu’est-ce que tu apprécies le plus dans ton métier ? Penses-tu que les femmes sont suffisamment représentées dans ce milieu ?

Laureline. À l’atelier : J’aime remettre en route des bicyclettes que mes clients héritent de leurs grands-parents ou de leurs parents (parfois décédés) pour qu’ils puissent retrouver un bout d’eux au quotidien. J’aime sauver ces souvenirs et ces morceaux d’histoire. Les moderniser aussi. J’aime aussi toute la partie écologique derrière cette démarche de réparer et utiliser des objets d’occasion plutôt que de toujours chercher à acheter du neuf. J’aime aussi partager de sympathiques discussions avec mes clients qui sont quasiment toujours absolument adorables.

Sur les réseaux sociaux : j’aime l’idée de sauver un maximum de vélos et d’avoir toute une équipe de passionnés à l’international qui seront là pour dire autour d’eux que les vélos vintage sont réparables et ne méritent pas la déchèterie.

Je pense que de plus en plus de femmes se lancent dans cette belle aventure, mais qu’il y a encore beaucoup de travail pour que nous n’ayons plus à nous poser ce genre de questions.

© Vintage Queen Bike Repair

Comment vois-tu l’évolution de ton métier dans les prochaines années ?

Laureline. Le métier de mécanicien ? Je pense que ça va de plus en plus nécessiter de compétences informatiques, entre l’électrique et les transmissions automatiques sur les vélos de route… À l’opposé de ce que j’aime personnellement. 

Mon activité à moi ? Je pense que la partie vidéo sera de plus en plus importante dans mon quotidien. Et à l’atelier, je me concentrerai sur le côté customisation et projet fou parce que c’est ce que je préfère. Pour les réparations de base, je m’assurerais de faire les tutoriels les plus efficaces pour ne pas abandonner dans la nature les cyclistes en vintage. 

Qu’est-ce qui t’a donné envie de te spécialiser dans la restauration et la réparation de vélos anciens ?

Laureline. Je les trouve absolument charmants, leur réparabilité est incroyable, leur fiabilité est formidable. De plus, personne ne le faisait donc je savais qu’il y aurait un besoin auquel je pourrais répondre en rendant vraiment service à des gens. Il est aussi possible de vraiment faire preuve de créativité sur ces bicyclettes, donc je ne voyais aucune limite dans mon amusement, qui est la base du plaisir au travail pour moi. Pour finir, ma conscience écologique me poussait forcément à m’intéresser à l’upcycling.

© Vintage Queen Bike Repair

À côté de la mécanique, tu crées et vends aussi des objets pour le vélo, peux-tu nous en parler ?

Laureline. Je ne vends pas d’accessoires puisque je n’ai pas de magasin accessible au public. Néanmoins, j’ai créé un petit merchandising lié avec la marque Vintage Queen Bike Repair que je vends sur mes réseaux sociaux. Je propose par exemple des maillots de vélo, des gapettes ou encore des casquettes. La créativité est un des piliers de mon bonheur, et c’est assez génial de pouvoir l’exprimer dans mon activité.

Tu proposes aussi du contenu en ligne avec des conseils et astuces autour du vélo. Qu’est-ce qui t’a poussé à partager ça avec la communauté ?

Laureline. Mon but est à la fois que les gens deviennent de plus en plus autonomes dans l’entretien de leur bicyclette, et qu’ils prennent conscience du fait qu’il ne faut pas jeter son vélo au moindre problème. Aujourd’hui, très souvent, lorsqu’un propriétaire de vélo vintage se rend dans un atelier non-spécialisé, on lui refuse la prise en charge de son vélo, on lui conseille la déchèterie ou d’en faire de la décoration.

Quels conseils donnerais‑tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans le métier de mécanicien ? Et à celles qui aimeraient rejoindre ce milieu en particulier ?

Laureline. Étant dans un secteur très niché, je ne sais pas si j’ai des conseils à donner. Néanmoins, j’insisterai sur le respect absolu qu’il faut avoir pour ses clients, leur proposer des devis avant de travailler sur leurs vélos et toujours travailler dessus comme s’il s’agissait de son propre vélo (ou de quelqu’un qu’on aime beaucoup). Pour les femmes, il faudra rester patientes au départ puisque les gens ne sont pas encore habitués à avoir des mécaniciennes en liberté dans la nature.

Peux-tu nous parler d’une restauration dont tu es particulièrement fière, et d’une qui t’a vraiment donné du fil à retordre ?

Laureline. J’aurais énormément d’anecdotes à raconter mais ce serait beaucoup trop long je pense. J’ai fait pas mal de vidéos sur ces sujets, avec des illustrations pour une meilleure immersion dans la réalité d’un atelier spécialisé dans le vintage.

© Vintage Queen Bike Repair

Y a‑t‑il un type de projet ou une restauration sur lequel tu rêves de travailler un jour ?

Laureline. Pas vraiment, je réalise mes rêves au quotidien, c’est l’avantage d’avoir son propre atelier et de suivre ses propres règles. Mais j’ai plein de projets que je dévoilerai au fur et à mesure évidemment.

Comment est ton atelier ? Quels éléments et outils donnent vie à cet espace de création ?

Laureline. Mon atelier est une petite bulle de tranquillité. Il n’est pas accessible au public comme je l’indique souvent, donc je peux vraiment être à l’aise avec mon rythme de travail et mes projets. Il y a aussi une partie pour les tournages et une partie pour le montage (et l’administratif). Il y a évidemment tous les outils dont j’ai besoin pour la mécanique vintage et de la décoration qui me ressemble.

Raconte‑nous la place que le vélo occupe dans ta vie et ce que tu aimes dans cette pratique. Peux‑tu aussi nous parler des vélos que tu possèdes ?

Laureline. Je ne suis pas cycliste mais je partage ma vie avec quelqu’un qui aime les challenge (ex: Etape du Tour, etc) donc je découvre cet univers par procuration, disons, je l’accompagne parfois sur des sessions de bike-packing, c’est extraordinaire de découvrir de magnifiques endroits en toute liberté grâce à une bicyclette. Ma mission dans tout ça, c’est de préparer ses vélos, et ça me convient bien.

J’ai personnellement trois vélos, un Gitane urbaine en acier, un Bianchi en acier et un Bianchi en carbone. Mais je dérobe souvent le vélo qui va vite de ma moitié, un Canyon en carbone, ou un de ses gravel.

© Vintage Queen Bike Repair

Comment est l’endroit où tu habites ? Est‑il agréable pour les cyclistes ?

Laureline. J’habite entre Nice et l’arrière-pays mentonnais, les paysages sont extraordinaires bien que très exigeants. Au niveau de l’accueil, ça dépend vraiment des jours. Il y a encore beaucoup de progrès à faire dans le partage de la route entre automobilistes et cyclistes.

Quels défis ou projets liés au vélo t’attendent prochainement ?

Laureline. Nous avons un projet « Tour de France des abonnés » qui devrait se mettre en place en juillet 2026 et nous serons aussi sur l’Étape du Tour Femmes en août.

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Laureline

J’essaie d’apprendre à un maximum d’adeptes du vélo à s’intéresser à leur bicyclette et à ne pas jeter les vélos vintage.

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